Arts

Disparition de William Bernhardt

Mémoire vivante pour Billy

Billy Bernhardt, de son prénom William, nous a quittés la semaine dernière. Artiste multimédia d’origine anglaise, ayant passé son adolescence en France, il vivait à New York depuis 2014. Son approche anarchique de l’existence, sa passion pour le Grunge – l’esthétique trash qu’il affichait fièrement – ont marqué tous ceux qui l’ont connu.  En tant que musicien, son dernier projet d’envergure, Pantsnest, avait été enregistré à Brixton en 2011 (cliquez sur l’image pour ouvrir le lecteur).

Pantsnest: Billy Bernhardt – Vocals/Guitar Sam Mac – Basses/Vocals Oliver Martin – Guitars/Vocals Willie Nash – Drums

Comme le reste de l’œuvre de William Bernhardt, l’album développe des ambiances obscures, procède à un éloge antichristique et antipsychanalytique du monde de la nuit. Au centre de sa vision décadente, transgenre et explosive de la vie, la transgression des valeurs canoniques de la morale capitaliste, la sexualité dans tous ses états et l’iconoclasme. Une oreille prude y verrait une forme de renversement des valeurs, mais du point de vue des contrecultures, il s’agit d’un pur culte païen, un de ceux qui mettent la vie au centre de ses valeurs, qui travaille à augmenter la diversité possible des expériences humaines possibles.

Il eût donc été inutile d’essayer de raisonner William, de le remettre dans le droit chemin, de le convaincre de devenir fonctionnaire. Le dernier morceau mis en ligne sur son compte Soundcloud date d’il y a deux ans : « Dark Matter » vous remettra d’aplomb, avec son mélange peu commun de trip-hop-punk et de blues-électro-hardcore.

Outre son travail musical, William Bernhardt a aussi développé un travail visuel, basé sur l’explosion de couleurs et l’emploi de symboles déconstruits ; mise à nu du langage comme prison, déploiement d’une armée d’abeilles ou de mouches sur l’espace urbain… En tant que créatif, il a aussi participé à l’élaboration d’animations et de campagnes publiques. Il a aussi réalisé un livre pour enfants, des vidéos expérimentales, conçu des cravates inspirées par David Bowie, mis en oeuvre un projet de propagande pro-gay pour les Jeux Olympiques de Sotchi. Deux images iconiques produites pour le Great Wall of Savas, une exposition de peintures en extérieur organisée dans le Queens en 2015 synthétisent la dynamique explosive d’une carrière naissante. Un imaginaire psychédélique et radical, qui n’aurait peut-être pas dédaigné qu’on le compare à Francis Bacon, Daniel Johnston ou Jean-Michel Basquiat.

http://narcossist.nyc/ Billy Bernhardt visuellement c’est du graffiti, de la peinture, du collage, du dessin, de la photo, et beaucoup plus.

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Publié le : 24.07.2017 par