Ecoute

Laura Cahen, timbrée

Rondeur et folie

Étrange sentiment de familiarité à l’écoute de « Loin. » Il faut dire qu’il se dégage de ce minimalisme quelque chose de classique : une instrumentalisation par nappes, quelques tintements métalliques, et cette caisse claire imperturbable qui tente d’imposer un rythme à la marche. Cela tombe bien : c’est d’un récit de voyage qu’il s’agit. « Je mets les voiles, je fous le camp« , annonce Laura Cahen. Elle fuit, elle s’évade, et serre autour de ses yeux un bandeau noir qui fait d’elle une aventurière sans peur, sans reproche, et presque sans identité.

La batterie, voilà l’ennemi ? Symbole de régularité, de norme, marqueur du prévisible, elle soutient la voix qui la suit en quelque sorte, mais qui tente aussi de s’en affranchir. Alors elle plane, cherche l’aigu. Elle est même doublée à l’octave par une machine discrète qui renforce le sentiment d’évanescence. Le mot « aérienne », bien que convenu, convient bien. À condition d’évoquer aussi l’idée d’une certaine rondeur : les consonnes disparaissent, comme si le sens devenait flou.

Alors, Laura Cahen s’échappe. Elle échappe à elle-même, elle échappe au monde, qu’elle finit par surplomber. Au prix de la folie ? C’est possible : mais pour s’en assurer, il faudra regarder ces images, glanées du côté de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Revenons tout de même au terre à terre : la chanteuse sort un album, elle sera au Café de la Danse le 16 mai et en tournée en France. Allez voir par ici si elle y est. 

 

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Publié le : 20.11.2017 par